BB - 15 : Battre en retraite (Edité)

Publié le par Phoebe @ 15h04

Je ne sais plus par quel bout prendre PZ2 en ce moment. Ou plus exactement nous en sommes revenus au même point qu'il y a quelques temps.
En pire.
Gros mots, provocations, ricanements, bris d'objets... il exprime son malaise c'est sûr. Mais il m'est de plus en plus difficile de me reconnecter à lui, d'accueillir son mal-être quand il se manifeste de cette façon, quand il me singe en ricanant alors que je lui explique qu'il vient de faire mal à son frère ou de casser quelque chose. Je me sens rejetée quand il réagit de la sorte et je reste dans la réaction au lieu de rester calme.
Après une matinée étonnament calme et sereine, j'ai disparu deux minutes pour m'occuper de sa soeur et à mon retour c'étaient gros mots qui fusaient, agression de son frère... j'ai explosé, pourquoi faut-il que le calme laisse toujours place à une tempête aussi violente que soudaine ?, et puis j'ai battu en retraite, ou plutôt leur ai demandé d'aller jouer dans leur chambre.

J'ai mis ça (j'en connais qui vont taper des mains dans un coin de la pièce en se moquant de moi là....) :


Je suis allée patouiller pour faire un pain à la banane (miam, ça sent déjà bon).
Histoire de faire redescendre la pression, de me calme, de retrouver l'envie de leur compagnie avant de pouvoir aider PZ2 à identifier ce qui semble lui peser tant.
Cette question angoissante qui revient : quelle part notre choix particulier de non-scolarisation tient-il dans ce malaise évident ? Est-ce seulement lié ?
Et ma frustration de ne pas arriver à sortir du registre de la répression dès que mes limites (pourtant bien repoussées) sont atteintes... ça ne change rien, ça n'ajoute qu'à leur frustration à eux, ça les rend encore plus petits, ça les humilie, mais non... niark, j'ai mal de ne pas être prise en compte, puis obéie (parce que quand ça dérape, je finis toujours par me replacer sur le terrain de l'obéissance) et puis finalement j'ai le pouvoir alors je m'en sers comme s'en sont servis d'autres adultes à l'encontre de la petite fille que j'étais (et que je suis encore à bien des égards dans ces situations-là). C'est petit, petit. C'est minable.
Publicité

Publié dans Mes Zumeurs

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Y
Merci pour ta reponse. Ah la disponibilite, c'est vrai que c'est pas evident de trouver le juste equilibre (est-ce seulement possible ?). Oui, pour les mails, c'est vrai que internet est un peu un piege, on sait quand on l'allume, mais jamais quand on va l'eteindre. J'ai le meme pb et en plus ils reclament l'ordi !!! Je ne crois pas que l'ecole resoudrait sinon provisoirement ce pb de disponibilite. Pour les miens, ce qui resoud le mieux leur besoin de disponibilite quand je ne me sens pas disponible, ce sont les autres enfants. T'as pas des copines non sco a Grenoble avec qui passer des 1/2 journees regulierement ?
Répondre
Y
Coucou, merci pour l'exemple du verre d'eau, c'est tres parlant. Je vais m'en resservir (de l'exemple, pas de l'eau ;-)). Tu m'as lue plus haut ? Pas repondu. Pas envie ?
Répondre
P
Oui, je t'ai lue plus haut,juste pas eu le temps d'écrire la réponse que je voulais....
V
C'est "petit", mais c'est surtout humain... Il est très dur de donner ce qu'on n'a pas soi-même reçu, tu le sais bien.Et la "conscience" que crier et s'enerver contre nos enfants dont le comportement nous *dérange* n'a rien à voir avec de l'éducation, mais que c'est seulement une réction épidermique, c'est déjà beaucoup.Essayer de prendre du recul, de regarder la scène "vue d'en haut", ou "vue de dans 10 ans", avec un peu d'humour, ça m'aide parfois à désamorcer. Parfois non... et pourtant je n'ai qu'un seul poussin !
Répondre
P
Oui, je sais, mais l'intellectuel hein, ça fait pas le boulot... on ne refait pas tout un conditionnement comme ça... on en parlait cet aprèm avec la maman d'un copain du cirque de PZ2, le fait que pour lap lupart des gens, les enfants ne sont pas des humains à part entière, mais des "adultes en devenir" et à ce titre soumis aux adultes "qui savent mieux". Bon, je ne suis pas claire là, mais j'ai peut-être plus d'expérience de la vie, mais je ne suis pas sûre de "savoir mieux" que mes enfants... et c'est dur pour moi de ne pas les traiter comme des enfants mais comme des humains. L'exemple typique c'est le verre d'eau renversé par exemple qui déchaine des tempêtes alors que si c'est un autre adulte qui renverse on n'en fait pas un plat. Le recul, dans l'instant, je l'ai pas toujours... c'est pas facile. C'est un constat, hein, pas une excuse. Mais quand y'en a un qui pète un câble, le second qui demande un truc là maitnenant et la troisième qui escalade la chaise c'est un peu hard d'avoir du recul. Ceci étant, lire Mothering hier m'a fait du bien, relire des morceaux choisis de John Holt aussi... ça me rend mon humanité. Et puis, je me suis couchée plus tôt, du coup malgré le réveil à 5h47 ça allait mieux ;p)
N
Faut aussi garder en tête que les enfants passent  tous en général par ce stade, que le rictus qu'il affiche lorsqu'il est grondé démontre bien le malaise qu'il a à exprimer ses émotions, et qu'il faut véritablement être très patient avec lui, ne pas se focaliser ses ses gros mots, cris et tout ça, parce qu''au final, il retient que c'est pour lui le meilleur moyen d'attirer notre attention de d'interagir avec lui, même si ce n'est pas façon souhaitée par personne. C'est très dur de prendre sur soi, je sais de quoi je parle, mais je pense honnêtement que c'est une question d'attention, et d'énergie de notre part. Avec plus de repos, peut-être que ça pourrait aider, mais il faut garder en tête que tout doucement, ça va s'améliorer, aussi. Quand on est en forme, on est beacuoup moins touché par ça, également, c'est aussi un facteur à prendre en compte....
Répondre
P
Je sais que la fatigue joue un grand rôle et je sais aussi que quand je leur dis ce qui ne va pas et qu'ils ne répodnent pas c'est pas qu'ils s'en moquent, c'est qu'ils savent que je suis mal et qu'ils ont poussé le bouchon un peu loin... je ne peudx pas leur en voulpoir de ne pas me dire "oui ok, maman", je suis moi-même incapable de le faire quand je suis concernée (t'en sais quelque chose, hein Nina).Enfin, bon, ce matin, câlin sympa, réveil en douceur, lecture à trois et demi sur le canapé... jusqu'aux disputes parce que "non, c'est moi qui ai trouvé Blanche Barbe !".Allez, je vais en rire au lieu de m'arracher les cheveux...
Y
Coucou, comme je te comprends. Grosse crise hier ici aussi, apres ma grasse mat jusqu'a midi, j'ai explique a Lena de ne pas jouer avec mes affaires dans un certain tiroir. Pendant que j'allaitais Loris pour la sieste, elle y est retournee, certes avec les meilleures intentions du monde. Je l'aie beaucoup grondee, beaucoup trop, avec des paroles tres dures. Elle a eu un tres gros chagrin. Ensuite elle a longtemps pleure dans mes bras, et puis je l'ai ecoutee, ai reconnu que j'avais ete mechante et que je ne pensais pas ce que je disais, mais que neanmoins je me sentais trahie dans ma confiance et que je trouvais ca tres grave. Je crois que c'est regle cette fois, mais c'est tellement dommage que ca se soit passe comme ca !<br /> Sinon, je reflechi depuis cet apres midi que je t'aie lue , je ne vois pas le rapport du malaise eventuel de PZ2 avec la non sco ? Tu veux dire qu'il aimerait peut-etre lui aller a l'ecole ? Vous pouvez en parler non ? J'imagine que ce n'est pas un choix qui lui est impose malgre lui. Ou que si son frere y allait, tu serais plus dispo pour lui ? Ca peut s'organiser ca aussi. <br /> Bises
Répondre
P
Moi aussi je trouve dommage quand ça se passe comme ça, que ça arrive juste parce que moi je ne suis pas en forme / disponible....Sinon, pour (enfin) répondre à tes questions...Pour l'école, je ne pense pas qu'il ait envie d'y aller... disons que si son frère y allait, il voudrait le faire c'est sûr. Là si on lui pose la question, un coup c'est oui, un coup c'est non....Je pense que là où le problème est peut-être lié à la non-sco c'est sur ma disponibilité; je pense qu'il a besoin de plus de temps en tête à tête et que c'est un équilibre jamais atteint ou plutôt qui aussitôt atteint est modifié, la donne change sans arrêt parce que leurs besoins changent et à ce niveau-là j'ai le sentiment d'être toujours un wagon en retard (le temps que je vois que leurs besoins ont changé et de m'y adapter en tenant compte de tout le monde), de manquer peut-être de réactivité... PZ1 a eu une période difficile juste avant l'été, du coup j'ai plus focalisé sur l'attention dont lui manquait et ça s'est fait au détriment de son frère... Bon, c'est dur je trouve, trois et un seul adulte... Mais heureusement y'a aussi encore des facteurs sur lesquels je peux agir pour leur dégager plus de temps du genre euh... typiquement la lecture des mails qui va durer parce que je commence à répondre ou à aller voir les liens donnés... je peux squeezer ça ou le faire à des moments différents.