BB - 16 : Souvent femme varie, bien fol qui s'y fie
Chronique d'une pause blog
Jour 1 – Lundi 06 février 2006 17h00 // Ambiance sonore Katie Melua (Call off the search)
Voilà, la décision couvait depuis un moment, peut-être révélée depuis la petite pique de mon Homme l'autre jour quand il m'a confié qu'il ne comprenait pas l'intérêt de bloguer pour raconter ce que nous avions regardé à la télé les zèbres et moi. Je peux bien l'avouer là, au chaud de ce document OOo, j'ai été passablement vexée de cette remarque. Et chez moi c'est immanquablement un signe qu'on a tapé sur un endroit sensible.
Et puis il y a les remarques répétées des Zèbres sur le temps que je passe derrière ou plutôt devant l'ordinateur. Pas forcément comme des critiques mais comme des constats.
Et si je devais mourir demain ou même aujourd'hui, je n'ai pas envie qu'ils ne se souviennent de leur mère que de sa seule addiction au PC.
Donc voilà, une pause blog, le temps de faire le point, de voir pour quoi je blogue, pour qui.
Et pour faire le point, j'ai besoin d'écrire.
Dans la cabine d'essayage, enfiler des mots sur mes sentiments, en essayer de nouveaux pour trouver celui bien ajusté et pas juste celui qui fait joli ou propre sur lui (comme sur le blog), en trouver des bien amples pour les sentiments qui ont besoin d'être cocoonés, des qui tombent bien, enlever, remettre parce que c'était à l'envers, ne pas savoir choisir, essayer, recommencer.
Celui du jour ce serait fuite. Un blog fuite, parce qu'il est plus facile d'entretenir des relations virtuelles que les réelles. Celles d'un lundi matin où on se dit que sans PC on va faire encore plus de choses, comme aller voir le passage de la flamme olympique, « c'est le symbole de l'esprit sportif » explique PZ1 à PZ2. Celles d'un lundi matin où tout part en vrille à cause d'un stupide slip que son propriétaire ne veut pas chercher tout seul, ou d'une idiote chaussette qui manque à l'appel, d'un bib' du matin jamais ramassé... ou d'une mère qui se trimballe tellement de casseroles qu'un slip à chercher et une chaussette à retrouver la font retourner dans sa coquille en hurlant et tempêtant. Retour à la case PC, mais pas pour bloguer, non puisque je suis en pause. J'ai surfé ici et là. J'ai lu des mots très justes qui m'ont confortée dans le bienfait de cette pause.
A quoi bon essayer de mettre les maux en mots (oui, je sais elle est facile), exercice délicat, dentelle à tisser avec finesse, à quoi bon essayer donc quand on sait qu'en guise de dentelle on n'obtiendra qu'un gros paquet de noeuds aussi épais et maladroits que les doigts maniant le fil ?
J'ai fait à manger, j'ai sagement exécuté ma routine du midi en ruminant ce terrible constat que je suis usée, usée usée... que je me sens seule, que je leur en veux de ne pas voir, de ne pas aider... que je m'en veux plus encore de n'avoir pas les épaules assez larges et le coeur assez grand pour accueillir tout ça.
J'en ai profité pour avancer mon nouveau livre. Et hop, un chapitre terminé. Satisfaction gâchée par la découverte d'un bouillasse de papier toilette dans le lavabo de la salle de bains. Papier toilette qui est arrivé là tout seul sur ses petites jambes et qui a, de ses bras petits mais musclés décidé de s'arroser un peu histoire de se marrer beaucoup...
Séance de rigolade avec une zébrette que je ratrappe sur le dessus de la table qu'elle a réussi à rejoindre via la trip trap de son frère. Hier déjà elle avait fait la démonstration de ses talents de grimpeuse en allant rejoindre ses frères dans leur chambre, passant outre le carton mis dans les marches et supposé bloquer le passage. Elle avait aussi escaladé trois des marches montant à la mezzanine, exploit renouvelé aujourd'hui et qui a valu une condamnation, certes encore sommaire, de l'escalier.
Des bonnes résolutions puisque je ne blogue plus : plus de temps pour la maison à tenir, à retenir à bout de bras, plus de temps pour ses habitants quand j'arriverais à faire la paix avec moi-même et ces blessures de mon enfance qui me font me recroqueviller ainsi et exclure mes enfants dès qu'ils ne coopèrent plus.
Savoir s'interrompre pour accompagner une zébrette hilare jusqu'en haut de l'escalier. Participer à sa jubilation d'être arrivée là-haut toute seule.
Les écouter jouer ensemble sans se disputer, en coopérant : « toi tu fais ça et moi je fais ça d'accord ? », « non, je préfère ça », « ok ».
Et voir le retour des gros mots et des désaccords. Remettre de la musique. Louise Attaque cette fois. A fond pour ne pas entendre.
Se dire qu'un copie-coller ça irait vite et qu'à le faire on ne risquerait rien d'autre que le ridicule, qui ne tue pas c'est heureux. Après tout, y'a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Non ? Non.