J'écris

Publié le par Phoebe @ 15h40

J'écris pour que le jour où je ne serai plus
On sache combien l'air et le plaisir m'ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Combien j'aimais la vie et l'heureuse nature.
Attentive aux travaux des champs et des maisons
J'ai marqué chaque jour la forme des saisons,
Parce que l'eau, a terre et la montante flamme
En nul endroit ne sont si belles qu'en mon âme.
J'ai dit ce que j'ai vu et ce que j'ai senti,
D'un coeur pour qui le vrai ne fut point trop hardi
Et j'ai eu cette ardeur, par l'amour intimée,
Pour être après la mort parfois encore aimée.
Et qu'un jeune homme alors lisant ce que j'écris,
Sentant par moi son coeur ému, troublé, surpris,
Ayant tout oublié des compagnes réelles,
M'accueille dans son âme et me préfère à elles...

Ne vous précipitez pas trop vite sur les commentaires... ce qui précède n'est pas de moi.
Non, c'est Anna de Noailles qui en est l'auteur (c'est un extrait de L'ombre des jours, paru en 1902). Il faudra que je vous en reparle.
Encore une qui me mettait en colère.
En colère de n'être, moi, pas capable de trouver les mots.
Pas capable, moi, de trouver les mots justes.
Les mots qu'il aurait fallu pour dire.
J'écrivais pourtant.
Des mots, couchés sur le papier, autant de petites bouées qui flottaient.
J'écrivais.
Et un jour de mai 1994 je suis morte.
Et je n'ai plus écrit.
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Publié dans BaZar

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P
Euh, non, je ne crois pas.
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D
Et si tu nous faisais lire ce que tu écrivais ?
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