Celui où je me mets en boule...

Publié le par Phoebe @ 23h36

Pourquoi les conversations qui commencent par "Et, alors, comment tu vas faire, vous avez un programme à suivre ou...?" ont-elle le don de me mettre en boule ?
Surtout quand elles se poursuivent ainsi :
- Ben non, on nest pas obligés de suivre le programme.
- Ah bon ?!!!
- Non, seule obligation blabla 16 ans blabla (je vous recauserai du blablabla une autre fois)
- Oui mais quand même, il ira à l'école avant d'avoir 16 ans ??!!!!

De quoi je me mêle ?

Ceci dit, la grande majorité des gens - et pas que ma famille laquelle somme toute ne l'ayant jamais quittée est relativement excusable de ne pas arriver à imaginer une vie sans école (pas plus tard que y'a pas longtemps, on a eu une petite prise de tete avec mon gentil pôpa qui s'inquiétait des programmes de CP, voulait y coller les 4 opérations, et m'objectait que "oui mais y'a pas que la lecture, y'a la grammaire, les maths....") - n'arrive pas à intégrer qu'on puisse précisément ne pas mettre son enfant à l'école PARCE QU' on ne veut pas reproduire celle-ci à la maison.
Qu'on veuille éviter l'école du quartier pour des raisons aussi variées que (mettezy c'que vous voulez, de la violence à l'incompétence notoire de l'instit') ça passe, mais qu'on veuille éviter l'école pour ce qu'elle est (les programmes entre autres...), là ça coince salement.

J'ai moi du mal à comprendre ce qu'il y a de si dur à encaisser dans l'idée qu'il n'y a aucun intérêt à ne pas scolariser si c'est pour faire a la maison tout pareil qu'à l'école.
Y'en a que ça gène pas remarquez vu que certains forum sont truffés de "chez nous on scolarise à la maison". Moi qui croyais que scolariser voulait dire "mettre à l'école"....

Et puis ça me gonfle que les gens se croient autorisés à donner leur avis.
Quand c'est les proches, je veux bien croire qu'ils se sentent concernés, qu'ils ont peut-être des inquiétudes... mais la madame trucmuche que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam, je vais lui dire moi "mais euh, pourquoi tu colles ton mioche à l'école dis m'dame ?", non. Alors qu'elle me foute la paix.

Plus sérieusement (encore que), je me demande pourquoi ça me titille comme ça ce genre de remarques.
Est-ce que je me sens insécure ? Est-ce que c'est encore ce besoin de me sentir comprise, approuvée qui continue à me jouer des tours (de con) ?
Ma réaction à leur réaction m'interpelle...

Pis pour en revenir à mon gentil pôpa... est-ce que je me sens mal de lui/leur renvoyer en quelque sorte en pleine face à quel point les choix qu'eux mes parents ont fait m'ont rendue malheureuse ?
Va et sois un homme ma fille, t'as aucune raison de te plaindre, si ça se passe mal avec les autres c'est (p'têt) que ça vient de toi...
Là en vrac je me souviens des jeudis midi où j'avais *toujours* mal au ventre avant d'aller au cours de bio avec Mme G., des insinuations douteuse de Mme D., des "sale blanche" de la part d'une atsem en maternelle, des "ah, c'est vous qui êtes si jeune" le premier jour avec Mme (pétard, j'arrive pas à croire que j'ai oublié le nom de cette peau de vache !!!) histoire que hein on remette bien d'emblée les étiquettes à leur place des fois que... j'en passe, des pas mal pire.... et puis mine de rien, une pression, certes non formulée mais d'autant plus pesante que je me la collais fort bien toute seule et qu'ils allaient pas en rajouter, à l'excellence...

Mon p'tit zèbre là, t'as bien le temps pour la grammaire, les maths... quand t'en auras besoin, tout ça, fingers dans le noze tu l'apprendras.
Mais qui tu es *vraiment* et que t'as une place dans ce monde et une place unique rien qu'à toi, c'est dans aucun de leur programme estampillé EN.
Et ça, franchement mon coeur, c'est vachement plus important que lire-écrire-compter-la conjugaison-et le reste.
Et en plus, on a la loi pour nous : nous ne sommes pas tenus de suivre les programmes (
Circulaire d'application n° 99-070 du 14-5-1999 : Le contrôle de l'instruction dans la famille par l'inspecteur d'académie doit donc se faire en référence à l'article 1er de la loi du 18 décembre 1998 et au décret n° 99-224 du 23 mars 1999, et non pas aux programmes en vigueur dans les classes des établissements publics ou privés sous contrat.).
 
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Publié dans Sans Zécole

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N
Kikou Je viens de voir ta reponse seulement! Oui oui s'il s'agit de te defouler alors vas-y hein pas de probleme!
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P
Merci de ta permission :)
N
Hi there insecure mum!Je te trouve un peu dure dans cet article ou tout du moins un peu naive (sans mechancete). En effet il n'y a surement pas bien longtemps de cela toi aussi tu croyais que l'ecole c'etait obligatoire, toi aussi tu croyais qu'accoucher a la maison c'etait pour les fous (etc a remplacer par: Toi aussi tu crois que manger du ble ou du lait/ du cuit c'est bon a la sante). On a reflechit de puis, condamne peut-etre au debut aussi, rien d'etonnant a ce que les autres qui n'ont pas fait ce chemin soient etonnes/outres. Ils condamnent la difference. Quand on fait le choix de la non scolarisation on SAIT que 99% des gens sont contre/ne connaissent pas/vont poser des questions/vont juger. Ca fait partie du jeu. De la meme facon que si tu sors ds la rue pieds nus tu t'attends a ce que des gens te fassent des remarques, te demandent pourquoi tu fais ca, s'inquietent pour tes pieds, te jugent pour folle etc (pas ici en NZ!). T'auras beau leur dire que rien dans la loi ne t'oblige a porter des chaussures, n'empeche que la majorite des gens en mettent. Par habitude. Donc continue a faire evoluer la societe en repondant aux questions, en encaissant les remarques et en etant heureuse avec tes zebrillons!
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P
Vi, mais bon, hein, j'ai aussi le droit de me servir de mon espace comme défouloir après une journée où les remarques n'avaient pas cessé de se succéder... C'est pas parce qu'on sait que faire un choix marginal va susciter des questions qu'on reste forcément tout le temps toujours zen y compris *en privé* au sujet de ces mêmes questions. Si je répond toujrous du mieux que je le peux aux personnes qui font des remarques, posent des questions, ça n'empêche que j'ai aussi  le droit de souhaiter n'avoir pas toujours à le faire.
Y
Tiens super article que je viens de lire pour la premiere fois en me balladant dans ton bazar. Moi aussi fille de prof, 1ere de la classe pendant longtemps et vecu de l'ecole similaire au tien. Sans parler de la fameuse socialisation, qui pour moi a ete horrible jusqu'en 3è! <br /> Ceci dit, pour les questions des gens, je crois une qu'elles expriment toujours de la peur, plein de peurs, notamment celles de s'etre eux memes trompes ou d'avoir rate une opportunite comme dit patduv. Et comme il est bien plus facile de se conforter que de se remettre en question... Mais la encore, d'abord manifester qu'on entend ces peurs, est en general assez efficace. <br /> Pour mes parents, chaque fois que je tente d'expliquer - justifier mes choix, je dois preciser que ce n'est pas une critique, qu'ils ont fait ce qu'ils pouvaient avec les infos qu'ils avaient, bla bla bla.<br /> Nous on est en voyage jusqu'aux 6 ans de Lena, et tout le monde me dit "ah oui, vous faites ca tant que les enfants sont petits, ensuite vous devez rentrer pour les mettre a l'ecole", et je dis que non, qu'ils ne seront pas obliges d'y aller, qu'on peut apprendre autrement... Ca passe bien.<br /> Ah oui et j'aime beaucoup aussi ce que tu dis sur le fait que faire "l'ecole a la maison" est ininteressant (et certainement tres stressant). Je n'ai longtemps connu que cette possibilite, et je n'envisageais pas une seconde de ne pas scolariser mes gosses a notre retour. Des que j'ai su que suivre le programme de l'EN n'etait pas obligatoire, j'ai change de point de vue. Rien a voir.
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P
Idem que toi, la socialisation jusqu'au moment du lycée, c'était horrible.Et tu vois, en relisant ma note j'ai retrouvé le nom de l'affreuse peau de vache... marrant, hein, la mémoire.J'ai beaucoup de mal à entendre la peur dans les questions. J'ai encore besoin de beaucoup d'aide pour l'entendre, comme pour le post du papa outré. Trop insécure, trop peur moi-même pour pouvoir accueillir celle des autres.Faire comme à l'école à la maison, moi ça me stresse... j'ai essayé des fois, c'est pas la peine : ça ne convient ni à mon Zèbre, ni à moi. Et surtout, ce qu'on apprend à l'école, en terme de programme et tout, c'est tellement loin et décalé de ce dont on a besoin au quotidien, de ce qui nous intéresse... En fait, l'école elle-même, c'est tellement loin de la vraie vie que pfff... ne pas y aller  pour faire quoi ? S'empêcher de vivre tout pareil que si on y allait sous prétexte que tout le monde fait comme ça, que nous on l'a fait et qu'on n'en est pas morts ? Ah ouais, j'en suis p'têt pas morte, mais pas loin... et j'en suis pas sortie en un seul morceau non plus.
L
C'est dire aussi si les gens se projettent loin dans le temps. On nous a déjà demandé comment on ferait quand il atteindrait le collège quand je ne vois pas plus loin que l'année à venir (et c'est déjà beaucoup). C'est qu'ils sont énervants mais je crois que ça les oblige trop à regarder quelque chose qu'ils aimerait oublier (l'absence de courage pour faire autrement, pour admettre qu'ils ont souffert de telle ou telle chose etc). Pas facile d'être un stade où les autres ne sont pas (encore... en imaginant qu'ils œuvrent pour y parvenir). <br /> Je sais d'avance qu'au moindre problème on nous dira "c'est la faute à pas d'école" et c'est vraiment ça qui me met en rogne. Il faut avoir un caractère bien trempé...
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P
Je suis peut-être aussi un peu "usée" par le fait que si Zhom est bien d'accord avec "pas d'école", au moindre souci c'est bien sûr la faute à "pas d'école"....
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