Apprentissage naturel - Michelle Cannon

Publié le par Phoebe @ 21h56

Il y a quelques jours j'ai lu sur le blog Homemade Living un article de Michelle Cannon qui m'a bien plu. Je ne suis pas forcément d'accord avec l'article dans son ensemble, mais il résonne pour l'essentiel avec ce en quoi je crois.
Je lui ai donc demandé la permission de le traduire et de le poster ici, permission qu'elle m'a accordée.
Je répète que je ne suis pas traductrice et que si j'espère avoir rendu l'esprit de l'article, du point de vue « technique » cette traduction n'est pas satisfaisante (même pour moi); cela étant, la seule raison pour laquelle je traduis les articles que j'ai envie de partager ici, c'est pour permettre à ceux ne lisant pas l'anglais d'en saisir l'esprit, en quoi ma traduction me paraît suffisante.
Cet article a également été repris en partie et commenté (y compris par Michelle elle-même) sur le blog Central Indiana Homeschool.

Avant de vous livrer cette traduction, je voudrais commenter quelques points :
- d'abord, là où je ne suis pas d'accord avec elle c'est sur les connaissances acquises « dans les temps anciens »... il me semble que plutôt que de parler de maths de lecture etc. on pourrait se borner à dire que l'on apprenait des parents (et personnellement je dirais plutôt de l'entourage que des seuls parents) ce qui était nécessaire à la (sur)vie.
-  je n'ai pas non plus trop apprécié le côté « les ados de nos jours.. problèmes bla...bla » de l'article.
- en revanche, je suis d'accord : vivre c'est apprendre. Et pour en revenir à l'obligation légale en France d'avoir atteint à l'âge de 16 ans les connaissances requises par la Loi je crois sincèrement qu'en vivant tout simplement mes enfants sauront tout cela : lire, écrire, compter, se repérer dans le monde, dans le temps, leur place dans la société etc.... leurs questions vont déjà dans ce sens d'ailleurs. Je sais aussi, pour l'avoir observé dans ma famille que l'école apporte beaucoup à certains, plus que ce que leur apporterait la non scolarisation, mais je crois que nous avons *nous* plus à gagner en faisant ce dernier choix qu'en optant pour le premier. PZ1 nous voit apprendre le japonais, résultat, il veut apprendre avec nous. Nous apprenons à dessiner ensemble.
- il (me) reste à trouver un équilibre qui nous convienne entre cet apprentissage naturel (unschooling) auquel je crois, les exigences légales, l'éventualité d'une scolarisation l'année prochaine (et donc le besoin de prendre en compte le programme pour que PZ1 ne soit pas en situation d'échec si nous venions à opter pour cette solution)... j'oublie bon nombre des termes de cette équation, mais je risque de m'y perdre si je veux tout concilier !


Apprentissage naturel : un choix pour l'école à la maison
Par Michelle Cannon

On me pose souvent des questions sur l'école à la maison : où acheter des cours, quels cours, planification, matières etc. Ma réponse est toujours la même : « si vous comptez mettre en place toute cette planification, cette course aux cours, pourquoi ne pas les mettre à l'école publique ? ».

Comme je vois les choses... si vous avez des enfants, vous faites DEJA l'école à la maison... et puis vous les mettez à l'école et tout s'arrête. Vous avez fait l'école à la maison depuis que vous leur avrez donné naissance. Regardez la stupéfiante croissance mentale et intellectuelle qu'ils ont connues sans « bénéficier » de l'école. Pourquoi ça ? Parce que les enfants apprennent naturellement. Ils sont naturellement curieux de toute chose. Et quand un enfant est intéressé et le montre... que faites-vous ? Vous suivez son intérêt. Vous en parlez, vous empruntez des livres sur ce sujet à la bibliothèque etc. C'est ce que vous avez fait depuis qu'il/elle est né(e). Cela s'appelle unschooling ou, comme je préfère l'appeler, « apprentissage naturel ». C'est ce que j'ai fait et fais avec mes enfants. Pas besoin de cours, de programmes et d'emploi du temps (une fois encore, pourquoi ne pas les mettre à l'école si c'est pour faire ça ?).

Apprendre est aussi naturel que respirer. Dans les temps anciens, les enfants apprenaient tout ce qu'il y avait à savoir de leurs parents... lecture, mathématiques, religion, étique, morale, savoir « social ». Ces peuples primitifs n'envoyaient pas leurs enfants pendant 6 à 8 heures par jour dans des instituaitons payées par le gouvernement où des étrangers décidaient ce qui leur serait ou pas enseigné. Non. Ils accordaient de la valeur à leurs enfants et les voyaient comme des extensions d'eux-mêmes. Ils les avaient à la maison, à la place qui leur appartenait, et leur apprenaient les façons de leur propre monde et de leur culture.

Mais comment cela marche-t-il ? C'est simple. Cela demande peu d'efforts. En gros, vous vivez juste. Oui, c'est ce que j'ai dit. Vous vivez avec vos enfants, proche d'eux et ouvert à eux. Ils n'ont pas leur « propre monde » parce qu'ils sont des enfants. (A mon avis, cette façon de voir est exactement ce qui explique pourquoi il y a des adolescents qui vivent leurs propres vies dont leur parents n'ont aucune idée). Ils sont avec vous toute la journée et tout est prétexte à apprentissage. Qu'ils fassent la cuisine avec vous, le ménage avec vous, travaillent avec vous, regadent les actualités le soir avec vous, discutent avec vous en voiture, aillent à la bilbiothèque, au musée, visitent des monuments, que vous parliez des personnes que vous connaissez ou des actualités ou même que vous discutiez des problèmes rencontrés avec d'autres personnes, le travail ou dans la vie en général. Il faut juste garder à l'esprit l'âge et la maturité de l'enfant.(Il est évident que la politique mondiale passe au-dessus de la tête de mon enfant de deux ans et que je ne parle pas de la dernière mutilation d'enfant à la une avec mon enfant de 7 ans). Je me hasarderai à dire que j'ai plus de conversation et de relation avec mes enfants que je n'en vois dans d'autres familles. Presque à chaque moment de veille, il y a une conversation entre eux et moi. Et ils apprennent.

Et qu'apprennent-ils ? De ce que j'ai mentionné plus haut, ils apprennent les outils mathématiques (en cuisinant, en travaillant avec moi, en s'occupant de gérer l'argent et de faire les comptes ils apprennent les maths); ils apprennent la responsabilité vis à vis d'un employeur et de la famille (en travaillant avec et pour moi, en nettoyant la maison, en prenant soin des plus jeunes); ils apprennent que le monde est un endroit à la fois merveilleux et laid (les informations, les actualités, les discussions qui en naissent) et comment appréhender ces belles et vilaines choses d'un point de vue éthique et moral. Ils apprennent l'histoire et les sciences et la lecture et les arts (par votre exemple et vos propres intérêts qui vous font visiter des sites historiques ou des musées etc.). Et oui, je parle des difficultés financières, des problèmes avec les collègues de travail avec les plus âgés de mes enfants. Contrairement à la croyance parentale populaire, cela ne leur fait pas de mal. En fait, mes enfants ont une vision honnête et ouverte de ces problèmes. Ils peuvent se sortir d'à peu près n'importe quoi. Ils peuvent tirer parti du moindre centime. Ils ont appris l'art de la diplomatie et celui d'argumenter avec autrui. Ils ont tant appris qu'ils ont du mal à supporter la pensée superficielle et les raisonnements enfantins de tant d'adolescents modernes. Les gens sont impressionnés par mes enfants, leur aisance à s'exprimer, leur réflexion mature et l'absence chez eux de ces « problèmes » que beaucoup d'adolescents ont de nos jours.

L'un dans l'autre, c'est une voie facile à suivre. Les seules contraintes horaires s'imposent d'elles-mêmes et sont liées au travail, aux repas et autres choses normales. Les enfants ne sont pas collés à un endroit dans une pièce où ils grandissent et en viennent à détester les livres, lire et les emplois du temps. Pourquoi leur imposer (ou vous l'imposer à vous-même) un tel stress ? Jadis j'ai suivi cette voie. Cela nous a rendu la vie difficile. Ma vie devait tourner autour de cet « emploi du temps scolaire »... ce qui signifiait retarder des choses, en éliminer d'autres... en gros, j'ai fini par cesser d'apprécier ma vie de tous les jours ! Les choses n'ont pas à être ainsi. Faites ces courses, réalisez ces projets, partez en voyage... avec vos enfants à vos côtés. Faites ce que vous feriez normalement si l'enfant n'était pas à l'école, parce qu'ils ne sont pas à l'école. Il sont à la maison. La maison ne devrait pas être une mini-école. C'est un lieu de chaleur, d'amour, un lieu pour grandir. C'est un endroit pour apprendre.

Copyright 2005 Michelle Cannon

Michelle Cannon est mère de 5 enfants.  Depuis 2003 elle publie une newsletter consacrée à  la santé naturelle et une autre consacrée au maternage.
Son site web (e-boutique en lien avec son activité professionnelle).
La contacter.
 
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Publié dans Sans Zécole

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P
Colette : aucune obligation de suivre les programmes année par année.. le décret qui régit le régime d'instruction en familel dit juste qu'à l'âge de 16 ans il faut des compétences dans les domaines A, B, C etc. qui soient comparables à celles acquises par les enfants scolarisés.<br /> J'en parle dans d'autres posts de cette rubrique (sans zécole) mais sinon je te renvoie à la rubrique juridique sur le site de Les Enfants d'Abord
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C
Ce témoignage est très beau et me donne effectivement l'envie de prolonger ce lien si fort qui me lie à mon fils, à chaque fois qu'il réussit quelque chose de nouveau. <br /> Mais j'avais entendu dire que dans le cas où les enfants ne vont pas à l'école, il doive être capable de réaliser tout ce qui est prévu dans le programme scolaire... Dis moi si je me trompe...
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P
Non, toujours pas d'ADSL et c'est limite si je ne me suis pas fait jeter par le service technique quand j'ai rappelé pour ronchonner hier : en gros, puisqu'on va vous rembourser au prorata de quoi vous plaignez-vous... minable Télé 2 sur ce coup-là :(
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D
Trsè beau texte, et jolis commentaires.<br /> <br /> Heureusement, les choses changent avec la nouvelle génération de profs... nous en discutons, certaines pratiques chez nos "anciens" nous offusquent. (Virer un élève chez qqun d'autre, voir même dans le couloir... je ne PEUX pas !)<br /> <br /> Sinon, Phoebe : toujours pas de connection ?
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L
Ce texte est splendide. <br /> De la naissance à la maternelle, nous sommes compétents puis, du jour au lendemain, les parents ne sont plus bons à rien, ils ne sont même plus dignes de rien d'ailleurs. On nous invite à confier nos enfants à d'autres personnes qui jamais ne nous passent le relais. A nous de nous débrouiller. <br /> C'est ainsi qu'il m'a fallu presque six mois pour comprendre pourquoi mon fils pleurait tous les jours, ne voulait pas grandir, pas aller au CP. L'instit punissait les enfants "dissipés" en les envoyant dans la classe de CP. <br /> L'info ne circule plus, les enfants ne peuvent pas s'épanouir sans le pouvoir des professionnels de la profession si bien qu'il m'est arrivé de me demander si je n'avais pas été autre chose qu'un ventre, si mes enfants ne seraient pas mieux avec n'importe qui. Moments de désarroi.
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