Non scolarisation, questions pratiques... (Edité)

Publié le par Phoebe @ 09h40

Les questions de Marianne dans son commentaire à mon post Apprentissage Naturel - Michelle Cannon m'ont aidée à me poser, à clarifier certaines choses.

Oui, je le redis, mon cousin et ma cousine sont mieux à l'école qu'à la maison. Je vais avoir l'air dure, je vais critiquer aussi, mais c'est vrai.
Oh des jeux - et même des jeux "éducatifs" - ils en ont (des trucs qui font du bruit et que j'abhorre) mais ce qu'ils n'ont pas c'est des parents attentifs. Enfin, attentifs, ils le sont à leur façon sans doute puisque leurs enfants sont en bonne santé, ont à manger, un toit, sont vêtus... mais quand leur maman m'a dit un jour "oh, ass' mat' je trouve ça ch** faut s'asseoir avec eux faire des puzzles", j'ai halluciné.
Enfin, elle aura au moins eu plus de conscience professionnelle que pour ses enfants. Oh sa maison est mieux rangée que la mienne, elle n'a pas de scrupule a coller ses mômes chez l'un ou chez l'autre pour faire ci ou ça, parfois je me dis que ses enfants l'emmerdent. Pas de réponse à leurs questions, pas de "discussion", de film regardé ensemble et commenté, pas de lecture de livre.... Bref, c'est ce qui me fait dire que oui, dans certains cas, y'a pas photo, l'école apporte beaucoup plus que ce que la maison aurait apporté.

La première raison qui fait que la maison c'est mieux qu'à l'école, c'est quand les parents et/ou l'enfant le pensent.
Pour ne pas scolariser, il faut que tout le monde en ait envie : parents et enfant(s).
Plus les enfants grandissent et moins l'aspect "tous ensemble tout le temps" sera vrai. Déjà, rien qu'avec PZ1 je vois la différence : il a plus de possibilités d'activités, il est maintenant plus envisageable de lui proposer de passer quelques jours chez un copain qui ne va pas à l'école. Mais il faut quand même réaliser que c'est parfois difficile de vivre cette proximité, surtout avec des plus petits encore en demande de maternage. D'où l'importance (pour les mamans1 plus que pour les enfants !) de se constituer un réseau d'ami(e)s auprès desquel(le)s on pourra notamment vider son sac si besoin sans s'entendre répondre "ben t'as qu'à les mettre à l'école".

Coté financier, maintenant... j'étais assistante maternelle, ce qui n'a pas été forcément facile car ma disponibilité à être avec mes enfants était moindre et pour tout dire plus le temps passait moins je vivais bien le paradoxe de la proximité géographique et du manque de disponibilité. Travailler à la maison ou en extérieur peut être carrément impossible dans un cadre d'école à la maison avec planning etc. car là il faut tout arriver à caser : l'école, le boulot... Ceci étant dit, d'autres parents bossent tous deux2 et y arrivent (j'en connais même qui sont chirurgien et docteur...<wink>).
Tout est possible en fait en fonction des limites / priorités de chacun (et des capacités organisationnelles le cas échéant) : quand on veut, on peut3.
Personnellement, j'apprécie ce congé parental qui me permet d'ETRE avec mes enfants sans trop grever le budget. Mais on pourrait renoncer à certaines choses et s'en sortir avec un seul salaire.
D'autant qu'habitant en ville, l'accès aux ludothèques, bibliothèques, médiathèques, musées etc. est facile. On a même sans moyens énormes la possibilité d'avoir un environnement "riche", des moyens à dispositions parmi lesquels adulte comme enfant pourront piocher pour explorer leurs centres d'intérêts. Ici, pour le japonais, nous avons trouvé des sites forts bien faits, emprunté des méthodes à la bibliothèque municipale par exemple. et nous aurions pu nous passer des quelques achats faits, qui nous facilitent la vie mais n'étaient pas *indispensables* pour mener notre projet d'apprentissage du japonais à bien.
La non scolarisation n'est pas une question de moyens, même si on souhaite reproduire l'école : créativité, récup', emmaüs, ebay, un bon abonnement internet (pléthore de sites utiles et utilisables, j'ai souvenir et PZ1 aussi d'une visite virtuelle de la tombe de Toutankhammon).... Il y a aussi *pour certains* un aspect "frais en moins" à cette situation : pas fringues fashion, de baskets de marque pour se sentir accepté et dans le moule à l'école etc.
Il ne faut pas s'imaginer qu'il faut un revenu minimum exigé par la loi pour la non scolarisation, ce n'est pas le cas et en pratique, avec une sérieuse révision des besoins et des envies il est possible de s'en sortir avec de faibles moyens financiers.

Le niveau "scolaire" des parents ? Pas un problème à mon sens car l'adulte est juste facilitateur d'accès à l'information. S'il n'a pas la réponse qu'à cela ne tienne, on cherche ensemble (et l'enfant développe des stratégies pour satisfaire son besoin), on demande ailleurs (je reviens sur cet exemple de lecture apprise ensemble par une maman et son enfant, ou encore moi qui suis euh... pas au top pour tout ce qui est sciences et techniques et bénis les bouquins fort bien faits qu'on trouve à la bibliothèque). Là encore il n'y a aucune aucune exigence légale, même s'il est vrai que face à un inspecteur des études (surtout au-delà de ce que ce pauvre inspecteur aura "fait") permettent de se sentir considéré comme compétent.

Motivation, curiosité, gros bon sens, créativité, patience oui, c'est bien d'avoir tout ça pour une aventure "réussie"... mais surtout, surtout, il y a l'essentiel : aimer être avec ses enfants.

Edit de 12h00.

1 Je ne veux bien évidemment pas dire par là que seules les mamans sont à leur place à la maison... juste que ça semble bien décrire la réalité dans une majeure partie des cas. J'aimerais quant à moi que nous puissions trouver un meilleur équilibre entre le présence de chacun auprès des enfants et une activité rémunérée (extérieure ou à domicile) qui reste nécessaire pour payer les factures etc. compte tenu de notre mode de vie actuel; bref, une vie plus "familiale"...

2
à l'extérieur ou pas.

3 J'y crois fermement à ça : quand quelque chose nous tient réellement à coeur, on arrive toujours à se donner les moyens d'y arriver.
 
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Publié dans Sans Zécole

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P
Autour de chez moi, il y a au moins 4-5 familles... je n'ai pas de chiffres exacts en tête/sous la main là maintenant tout de suite (j'aurais dit à la louche un millier de familles mais is ça se trouve je suis à côté de la plaque... du coup, j'ai posé la question : dès que j'ai une réposne, je poste).
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M
Merci pour les infos ! :-) Tu parles des autres enfants qui ne vont pas à l'école, il y en a tant que ça ? Je ne connais/n'ai connu personne dans ce cas là.
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D
Je crois que tu as tout dit de la base... Et on ne peut pas "planifier" aimer être avec ses enfants !!!! ;^)
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